mardi 17 janvier 2023

THE SONG OF WANDERING AENGUS

 I went out to the hazel wood,

Because a fire was in my head,

And cut and peeled a hazel wand, 

And hooked a berry to a thread;

And when white moths were on the wing,

And moth-like stars were flickering out,

I dropped the berry in a stream

And caught a little silver trout.


When I had laid it on the floor

I went to blow the fire aflame,

But something rustled on the floor,

And some one called me by my name:

It had become a glimmering girl

With apple blossom in her hair

Who called me by my name and ran

And faded through the brightening air.


Though I am old with wandering

Through hollow lands and hilly lands,

I will find out where she has gone,

And kiss her lips and take her hands;

And walk among long dappled grass,

And pluck till time and times are done

 

W.B. YEATS, The Collected Poems of W.B. YEATS, the Macmillan Company, New York, 1959.

dimanche 11 décembre 2022

Les Roses de Saâdi

 

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites, recueil posthume, 1860.

samedi 23 juillet 2022

MARIPOSA

 MARIPOSA

 

Butterflies are white and blue

In this field we wander through.

Suffer me to take your hand. 

Death comes in a day or two.

 

All the things we ever knew

Will be ashes in that hour :

Mark the transient butterfly,

How he hangs upon the flower.

 

Suffer me to take your hand.

Suffer me to cherish you

Till the dawn is in the sky.

Whether I be false or true,

Death comes in a day or two.

 

Edna St. Vincent MILLAY

 

dimanche 12 juin 2022

Errance et rêverie (en hommage à "L'eau et les rêves", à "L'air et les songes"...)

 "A partir de la troisième semaine elle put sortir, et faire de courtes promenades au bord de la rivière, ou dans les bois environnants. C'était un mois d'août exceptionnellement beau ; les journées se succédaient, identiques et radieuses, sans la moindre menace d'orage, sans que rien non plus puisse laisser présager une fin. Michel la tenait par la main ; souvent, ils s'asseyaient sur un banc au bord du Grand Morin. Les herbes de la berge étaient calcinées, presque blanches ; sous le couvert des hêtres la rivière déroulait indéfiniment ses ondulations liquides, d'un vert sombre. Le monde extérieur avait ses propres lois, et ces lois n'étaient pas humaines.

(...)

Il marchait longuement, sans but précis, sur la Sky Road, en de longues promenades rêveuses ; il marchait  dans la présence du ciel. La route de l'Ouest serpentait le long des collines, alternativement abrupte et douce. La mer scintillait, réfractait une lumière mobile sur les derniers îlots rocheux. Dérivant rapidement à l'horizon, les nuages formaient une masse lumineuse et confuse, d'une étrange présence matérielle. Il marchait longtemps, sans effort, le visage baigné d'une brume aquatique et légère."

Michel HOUELLEBECQ (1998)

mercredi 16 février 2022

Love's labour lost...

 

J’ai rêvé tellement fort de toi,  

J’ai tellement marché, tellement parlé, 

Tellement aimé ton ombre, 

Qu’il ne me reste plus rien de toi. 

  

Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres 

D’être cent fois plus ombre que l’ombre 

D’être l’ombre qui viendra et reviendra dans ta vie ensoleillée. 

  

Robert DESNOS, Poèmes du bagne  


samedi 18 décembre 2021

Loin de nos cendres

 (...)

"Une fine poussière nocturne dérangeait à peine le duvet de ton cher visage endormi. Ce qui arrivait des étoiles n'était pas théâtral mais observé. Ma timidité renaissait sous de soigneux dehors, ceux que les gélées blanches accordent aux herbes au repos sur le revers des plateaux glacials."

 René CHAR, Loin de nos cendres (1926-1982)

vendredi 27 novembre 2020

Chagrin d'amour

 "Le jour suivant, je me levai de très bonne heure, me taillai un bâton et m'en allai loin de la ville. Je voulais me promener seul et ruminer mon chagrin. Il faisait un temps superbe, ensoleillé, et modérément chaud ; un vent frais et joyeux errait au-dessus de la terre, folâtrait  et bruissait, mais avec retenue. Je marchai longtemps à travers monts et bois, profondément insatisfait, car le but de ma randonnée avait été de m'adonner à la mélancolie, et voilà que la jeunesse, la splendeur du soleil, la fraîcheur de l'air, le plaisir d'une marche rapide, la molle volupté de s'allonger dans l'herbe dense, loin de tous les regards, voilà que tout cela  prenait le dessus et me faisait oublier mon chagrin...

Et puis le souvenir des paroles de Zinaïda et de ses baisers s'empara de nouveau de mon âme. Il m'était doux de me dire qu'elle avait été bien forcée de reconnaître ma force de caractère et mon héroïsme..."

 Ivan TOURGUENIEV, Premier amour (trad. R. Hoffmann)

THE SONG OF WANDERING AENGUS

 I went out to the hazel wood, Because a fire was in my head, And cut and peeled a hazel wand,  And hooked a berry to a thread; And when whi...