Nous pressentons que le mal lui-même fait partie de l'économie de la surabondance...il faut donc avoir le courage d'incorporer le mal à l'épopée de l'espérance.
Paul RICOEUR
Mon blog propose à la lecture des poésies et des réflexions de différents auteurs, le plus souvent de langue française, et parfois de langue anglaise ou espagnole.
mardi 7 avril 2009
lundi 6 avril 2009
Les petites choses
Les petites choses n'ont l'air de rien mais elles donnent la paix.C'est comme les fleurs des champs, vois-tu. On les croit sans parfum, et toutes ensemble elles embaument.La prière des petites choses est innocente.
Georges BERNANOS
Georges BERNANOS
dimanche 5 avril 2009
Le grand mystère
Tu es venue pour un instant à mes côtés, et tu m'as fait sentir le grand mystère de la femme qui palpite au coeur même de la création.
C'est elle qui toujours retourne à Dieu les flots débordants de sa douceur; elle est la beauté toujours fraîche et la jeunesse dans la nature; elle danse dans les eaux courantes et chante dans la lumière du matin; avec de bondissantes vagues elle étanche la soif de la terre; et c'est en elle que l'Unique et l'Eternel s'est incarné pour jaillir en une joie qui ne peut plus se contraindre, et s'épanche dans la douleur de l'amour.
Rabindranath TAGORE, L'Offrande lyrique.
C'est elle qui toujours retourne à Dieu les flots débordants de sa douceur; elle est la beauté toujours fraîche et la jeunesse dans la nature; elle danse dans les eaux courantes et chante dans la lumière du matin; avec de bondissantes vagues elle étanche la soif de la terre; et c'est en elle que l'Unique et l'Eternel s'est incarné pour jaillir en une joie qui ne peut plus se contraindre, et s'épanche dans la douleur de l'amour.
Rabindranath TAGORE, L'Offrande lyrique.
samedi 4 avril 2009
Toi
TU
Cae tu palabra en la soledad como ramo de olivo
en la paz. Yo no sabia
que tu voz llegara con estrellas.
Eres mi grito de combate
contra la muerte.
Ahora un arbol crece donde el olvido
cierra los ojos.
Tu.
TOI
Ta parole tombe en la solitude comme un rameau d'olivier
dans la paix. J'ignorais
que ta voix s'accompagnait d'étoiles.
Tu es mon cri de combat
contre la mort.
A présent un arbre grandit où l'oubli
ferme les yeux.
Toi.
Eduardo COTE LAMUS (1928-1964)
Cae tu palabra en la soledad como ramo de olivo
en la paz. Yo no sabia
que tu voz llegara con estrellas.
Eres mi grito de combate
contra la muerte.
Ahora un arbol crece donde el olvido
cierra los ojos.
Tu.
TOI
Ta parole tombe en la solitude comme un rameau d'olivier
dans la paix. J'ignorais
que ta voix s'accompagnait d'étoiles.
Tu es mon cri de combat
contre la mort.
A présent un arbre grandit où l'oubli
ferme les yeux.
Toi.
Eduardo COTE LAMUS (1928-1964)
vendredi 3 avril 2009
Dans la matinée verte
je voulais être un coeur.
Un coeur.
Et dans la soirée mûre
je voulais être un rossignol.
Rossignol.
(Mon âme,
rougis comme l'orange.
Mon âme,
rougis comme l'amour.)
Dans la matinée vive
je voulais être moi.
Un coeur.
Et dans le soir tombé
je voulais être ma voix.
Rossignol.
Mon âme,
rougis comme l'orange.
Mon âme,
rougis comme l'amour !
Federico GARCIA LORCA, Amour (Avec ailes et flèches.)
je voulais être un coeur.
Un coeur.
Et dans la soirée mûre
je voulais être un rossignol.
Rossignol.
(Mon âme,
rougis comme l'orange.
Mon âme,
rougis comme l'amour.)
Dans la matinée vive
je voulais être moi.
Un coeur.
Et dans le soir tombé
je voulais être ma voix.
Rossignol.
Mon âme,
rougis comme l'orange.
Mon âme,
rougis comme l'amour !
Federico GARCIA LORCA, Amour (Avec ailes et flèches.)
jeudi 2 avril 2009
Demain
Agé de cent mille ans, j'aurais encor la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Robert DESNOS, Etat de veille, 1943.
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Robert DESNOS, Etat de veille, 1943.
mercredi 1 avril 2009
Poésie ininterrompue
Hier c’est la jeunesse hier c’est la promesse
Pour qu’un seul baiser la retienne
Pour que l’entoure le plaisir
Comme un été blanc bleu et blanc
Pour qu’il lui soit règle d’or pur
Pour que sa gorge bouge douce
Sous la chaleur tirant la chair
Vers une caresse infinie
Pour qu’elle soit comme une plaine
Nue et visible de partout
Pour qu’elle soit comme une pluie
Miraculeuse sans nuage
Comme une pluie entre deux feux
Comme une larme entre deux rires
Pour qu’elle soit neige bénie
Sous l’aile tiède d’un oiseau
Lorsque le sang coule plus vite
Dans les veines du vent nouveau
Pour que ses paupières ouvertes
Approfondissent la lumière
Parfum total à son image
Pour que sa bouche et le silence
Intelligibles se comprennent
Pour que ses mains posent leur paume
Sur chaque tête qui s’éveille
Pour que les lignes de ses mains
Se continuent dans d’autres mains
Distances à passer le temps
Je fortifierai mon délire
Paul ELUARD, Poésie ininterrompue (1946)
Pour qu’un seul baiser la retienne
Pour que l’entoure le plaisir
Comme un été blanc bleu et blanc
Pour qu’il lui soit règle d’or pur
Pour que sa gorge bouge douce
Sous la chaleur tirant la chair
Vers une caresse infinie
Pour qu’elle soit comme une plaine
Nue et visible de partout
Pour qu’elle soit comme une pluie
Miraculeuse sans nuage
Comme une pluie entre deux feux
Comme une larme entre deux rires
Pour qu’elle soit neige bénie
Sous l’aile tiède d’un oiseau
Lorsque le sang coule plus vite
Dans les veines du vent nouveau
Pour que ses paupières ouvertes
Approfondissent la lumière
Parfum total à son image
Pour que sa bouche et le silence
Intelligibles se comprennent
Pour que ses mains posent leur paume
Sur chaque tête qui s’éveille
Pour que les lignes de ses mains
Se continuent dans d’autres mains
Distances à passer le temps
Je fortifierai mon délire
Paul ELUARD, Poésie ininterrompue (1946)
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