Que tu me sois l'étoile et le chemin
M'étais-je murmuré sans te le dire
En t'accueillant dans mon regard si bien
Lavé au vent salubre de ton rire
Qui s'emparait de moi jusqu'aux confins
Moi l'incertaine emplie toute soudain
D'une présence extatique moi-même
Plénitude qui me venait d'être connue
Comme la nuit l'est du matin qui la dissipe
Quel calme unifiant régnait sur ce matin
En suspens à n'en pas finir d'être joyeuse
Tant que l'étoile ferait signe du lointain.
Pierre EMMANUEL, Duel (1979)
Mon blog propose à la lecture des poésies et des réflexions de différents auteurs, le plus souvent de langue française, et parfois de langue anglaise ou espagnole.
mardi 23 mars 2010
dimanche 21 mars 2010
Misère de l'homme ...
La contradiction seule fait la preuve que nous ne sommes pas tout. La contradiction est notre misère, et le sentiment de notre misère est le sentiment de la réalité. Car notre misère, nous ne la fabriquons pas. Elle est vraie...
Simone WEIL, La Pesanteur et la Grâce
Simone WEIL, La Pesanteur et la Grâce
vendredi 19 mars 2010
Plus beau que tout
Plus beau que tout, c'est quand le jour décline.
L'excès d'amour dont le ciel est gonflé
emplit les airs d'une sombre clarté
qui vers la terre s'achemine
et s'en vient baigner
les toits des chaumines.
Tout est tendresse. On dirait que des mains
d'une douceur extrême vous caressent.
Tout est proche et tout est lointain.
Tout vous prodigue ses richesses
comme un prêt soudain
fait à l'être humain.
Tout m'appartient et tout va cependant
m'être enlevé dans un très court instant :
arbre, nuage et jusqu'à ce sentier
où je suis mes songes fugaces.
Seul, je vais errer
sans laisser de traces.
Pär LAGERKVIST (1891)
traduct. J.-V. Pellerin
L'excès d'amour dont le ciel est gonflé
emplit les airs d'une sombre clarté
qui vers la terre s'achemine
et s'en vient baigner
les toits des chaumines.
Tout est tendresse. On dirait que des mains
d'une douceur extrême vous caressent.
Tout est proche et tout est lointain.
Tout vous prodigue ses richesses
comme un prêt soudain
fait à l'être humain.
Tout m'appartient et tout va cependant
m'être enlevé dans un très court instant :
arbre, nuage et jusqu'à ce sentier
où je suis mes songes fugaces.
Seul, je vais errer
sans laisser de traces.
Pär LAGERKVIST (1891)
traduct. J.-V. Pellerin
jeudi 18 mars 2010
La vie humaine
C'est une roue instable que cette courte vie aux mille formes. Elle s'élève, puis retombe, car elle ne s'arrête pas, même quand elle semble se fixer. Quand elle fuit, on la retient, et quand on croit qu'elle reste là, elle s'échappe brusquement. Elle bondit souvent, mais sans pouvoir s'enfuir. Elle tire, elle tire vers le bas, par son mouvement qui brise l'équilibre. Si bien que, pour qui veut la décrire, elle n'est qu'une fumée, un rêve ou une fleur dans l'herbe.
Grégoire de NAZIANZE
Grégoire de NAZIANZE
mercredi 17 mars 2010
Que serais-je sans toi
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Louis ARAGON, Le roman inachevé
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Louis ARAGON, Le roman inachevé
lundi 15 mars 2010
L'amour, la mort
Entre la mort et nous, il n'y a parfois que l'épaisseur d'un seul être. Cet être enlevé, il n'y aurait que la mort.
Marguerite YOURCENAR, Feux (1957)
Marguerite YOURCENAR, Feux (1957)
dimanche 14 mars 2010
Le temps
La sainteté seule fait sortir du temps. Nous vivons ici-bas dans un mélange de temps et d'éternité. L'enfer serait du temps pur.
Simone WEIL, La connaissance surnaturelle
Simone WEIL, La connaissance surnaturelle
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