lundi 10 octobre 2011

Laudate...

Effacement de la frontière entre la poésie et la prose. Célébration conjointe de l'autre et de l'être, addition de petits riens, festin de détails, perpétuelle action de grâce.

Alain FINKIELKRAUT, Et si l'amour durait (2011)

vendredi 7 octobre 2011

Du bon usage du roman

... de Don Quichotte à Madame Bovary, les romanciers ont traité du retentissement de la mauvaise littérature sur la vie des hommes. C'est justement le problème posé au roman et c'est là que l'on voit tout l'enjeu de la littérature. Pourquoi faut-il lire de bons livres ? Pour échapper à l'emprise des mauvais sur notre vie la plus intime.

Alain FINKIELKRAUT, Nous, les post-romantiques (2011)

jeudi 6 octobre 2011

Pouvoirs de la parole

La parole, on le sait, occupe une place prépondérante dans l'histoire des cures psychiques : elle soigne, elle répare, elle permet de lever les mauvais sorts et elle est parfois l'équivalent d'une confession. Elle possède des vertus cathartiques au même titre que le théâtre des Tragiques grecs, dont Freud se voulut d'ailleurs l'héritier. Elle permet au patient de se déprendre de son illusoire prétention à la maîtrise de soi et au thérapeute d'inventer des interprétations libératrices. (...) La parole peut aussi se transformer en un outil de destruction quand elle sert de support à des anathèmes, des rumeurs, des complots. Elle devient infâme, trompeuse, assassine dès lors qu'elle est maniée par des dictateurs ou des gourous qui savent capter la haine des peuples pour la retourner contre les élites. On sait que la parole et la voix de Hitler ont perverti la langue allemande tout en exerçant sur les foules un pouvoir de fascination hypnotique.

Elisabeth ROUDINESCO, Lacan, envers et contre tout (2011)